On aime tellement ses enfants que l’on veut être la meilleure maman pour eux.
Surinvestie, au courant des dernières informations sur le développement, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire, être dans la bienveillance, beaucoup de portage, d’allaitement, faire les petits-pots soi-même, être maman câlin, maman taxi, maman médiatrice, maman ci, maman cela et j’en passe, tu connais la chanson.
Pour être à la hauteur, on fait attention à tel geste, tel mot, tel comportement. Y a-t-il encore de la spontanéité ou tout est-il intellectualisé?
S’il y a trop de tension, à un moment, c’est la saturation… Sans compter toute la fatigue nous rendant inévitablement irritable et impatiente…
Et nous qui pensions que jamais ça n’arriverait… Et la société qui ne nous aide pas : « avec la société toute entière qui met la pression sur le rôle de parent, et plus particulièrement sur celui de la mère, il est difficile d’avouer que l’on ne s’en sort pas, qu’on coule, écrasée sous le poids de la culpabilité et des difficultés » nous dit Cévany* (source en fin de textes).
Mais ce n’est pas parce qu’on galère que l’on est un mauvais parent.
Comment s’en sortir?
En acceptant nos contradictions, en allant vers ce qui nous inspire vraiment, en faisant ce qui est possible, avec les ressources que l’on a là où l’on en est ; on fait toujours au mieux! En faisant preuve d’indulgence envers soi-même, en arrêtant de se comparer avec les autres et en prenant soin de soi nous dit Cévany (ce que nous partageons).
En effet, et si la clé d’une maternité apaisée passait par le PRENDRE SOIN DE SOI AVANT TOUT ?
Car pour prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi. Pour garder l’équilibre, on a besoin de faire autre chose qui nous épanouit. Parfois, on ne sait même plus ce qui nous ressource tellement on a donné toute son énergie ailleurs, aux autres.
Prendre soin de soi, ça aussi, c’est vite dit mais pas facile à faire dans un quotidien surchargé et une vie vécue à 100 à l’heure !
Y a-t-il des astuces ?
Oui bien sûr, mais il faut aussi faire avec le fameux lâcher-prise… Pas besoin de grands chamboulements, « lâcher prise sur un truc pendant 15 jours et ce sera déjà énorme » nous encourage Charlotte Ducharme. Cette dernière nous propose alors un mini coaching en 4 étapes :
ETAPE 1: Identifier ma ligne directrice
Question 1: C’est quoi que je veux pour mon enfant plus tard ? Qu’il fasse le métier de ses rêves? Qu’il ose être lui-même ? Qu’il fasse des choses qui l’intéressent? Etc.
Question 2: Est-ce que je l’incarne?
ETAPE 2: Identifier ce qui est important pour moi
Question 3: Dans ma période de vie actuelle, où ai-je envie de mettre
mon énergie ?
Peut-être que c’est dans le commencent d’un projet, peut-être que c’est grandir sur soi dans une dimension de notre vie (avoir plus confiance en soi, se mettre moins en colère), peut-être que l’on a envie de faire des choses créatives, de lire, de se confectionner un habitat dans lequel on se sent bien, de passer du temps avec des amis, de se battre pour un monde meilleur… Qu’importe, mais de quoi on a envie en ce moment ? Ça peut être un cocktail de différentes choses.
En répondant à ces 3 questions, des tas de choses à la maison vont paraître moins importantes. Et on va plus facilement parvenir à lâcher prise sur cer-taines tâches! Si vous avez répondu aux premières questions, on passe aux suivantes!
ETAPE 3: Prendre conscience que l’on n’a pas le choix
Tout dépend bien sûr de la configuration de chacun, du nombre d’enfants, s’il y a deux parents à tout gérer, ou un seul, ou un et demi… Mais généralement, si on fait bien tout ce que l’on nous demande (activités, devoirs, rangement, repas bien préparés, bain, vie sociale des enfants, maison propre, être bien habillé, etc.), notre vie ressemblerait à un enchaînement de tâches.
Donc si on veut vivre aussi d’autres choses, nous n’avons pas d’autre choix que de mal faire ou de faire moins bien. Je vous donne mes propres exemples de choses sur lesquelles je lâche prise, même si vous allez me prendre pour une tarée.
Petit inventaire de mes lâcher-prises:
- aucun repassage (ni pour moi ni pour eux);
- tant que mes enfants ne transpirent pas, ils peuvent mettre les habits 3 fois (à part les sous-vêtements);
- pas de douche tous les jours s’ils ne sentent pas mauvais (les pré-ados en revanche, c’est plus que nécessaire);
- je mets tout au sèche-linge;
- ménage tous les 15 jours, voire plus;
- draps changés tous les 1 à 2 mois sauf s’ils sont sales;
- je m’habille toujours pareil en hiver : un haut, les mêmes baskets et 3 pulls différents.
- pas systématiquement d’activité extra-scolaire pour les enfants :
j’attends qu’ils soient autonomes pour y aller, ou d’avoir un parents de leurs amis avec qui on peut partager les trajets ; - repas extrêmement simples, par exemple : bâtonnets de concombre + riz + œuf au plat. Ou brocoli frais + gnocchis. Ou encore si j’ai pas le temps de faire les courses: haricots verts en boîte + poisson pané, ou encore pâte au ketchup tout simplement. C’est plus rapide que le batch cooking;
- pas de visites systématiques chez le médecin dès qu’ils ont un truc. Parfois, j’attends que cela passe, et ça passe. Ou je fais en visio.
- l’organisation des anniversaires est souvent simple : inviter les copains au parc avec des pistolets à eau (c’est l’été !). C’est basique, pas de déco, mais une sacrée ambiance.
Je m’arrête là, car sinon on y est encore pendant trois pages, et je ne voudrais pas que l’on me lance des cailloux (rires).
J’aimerais tellement vous dire que j’ai une baguette magique, mais il faut se rendre à l’évidence : je ne suis pas capable de gérer mon entreprise, mes 3 enfants, et avoir du temps (et de la disponibilité men-tale) pour moi, pour écrire mes livres, et tout faire bien. À moins d’avoir un(e) conjoint(e) qui fait tout, ce que certains hommes ont la chance d’avoir (rarement les femmes). Bref, la seule solution pour avoir du temps pour soi : c’est de décider de passer moins de temps sur autre chose, ou de confier ses enfants à une gentille âme.
ÉTAPE 4: Allez, vous essayez juste un petit truc ?
Pas de panique, vous n’êtes pas obligé de faire comme moi. Mais je vous invite à réfléchir à un truc que vous pourriez faire moins souvent, ou moins bien, et simplement essayer pendant 15 jours, pour voir si vraiment cela change tout ou pas. Une autre façon de se projeter, c’est de s’imaginer à l’hôpital pendant un mois: qu’est-ce qui se passerait avec votre remplaçant? Qu’est-ce qui serait bien moins fait (et au final, ça ne serait pas si grave)? Sur votre papier, notez un truc que vous pourriez moins faire. Et notez un truc que vous auriez trop envie de faire !
Elle nous rappelle également de ne pas oublier que les besoins des enfants peuvent être à l’opposé de ceux des parents. Trouver l’équilibre entre les deux n’est alors pas simple. Que la société n’est pas organisée pour que parents et enfants prennent du plaisir dans les mêmes lieux (GdV pense toujours à son café!!!)
Elle conseille alors d’être créative (créatif) et de sortir du cadre, pour trouver des solutions où chacun s’y retrouve. Un exemple : quand son enfant s’amuse au parc, pourquoi ne pas enfiler sa tenue de sport et faire quelques exercices. (Il y a d’autres exemples dans le magazine).
« Les enfants ont besoin de bouger et quand on respecte leurs besoins, bien souvent ça se passe mieux » ajoute-t-elle.
C.D. est convaincue que « ce que nous avons le plus de chance de transmettre à nos enfants, ce n’est pas ce que nous leur disons, c’est ce que nous sommes. Pas ce que nous leur imposons, mais davantage ce que nous nous imposons. »
Elle avance même qu’une fois adulte on s’autorise plus facilement à faire quelque chose, si on a vu nos parents se l’autoriser.
Aussi, « malgré tous nos efforts éducatifs, on sait que ce qu’on a le plus de chances de transmettre à nos enfants, ce sont nos propres blessures, colères, angoisses. » Elle pense que chaque génération va en s’améliorant, « donc pas de pression, on ne peut pas nous, en vie, régler toutes nos casseroles, mais je pense que l’on gagne à en régler quelques-unes. Et que c’est le plus beau cadeau que l’on peut faire à nos enfants. Et au passage, c’est mieux pour nous aussi ! »
Si tu souhaites aller plus loin dans ce sens, Agnès Leonetti, doula et co-fondatrice de GdV entre autres, a eu l’occasion de donner une présentation dans le cadre d’un sommet en anglais qui traitait du sujet de la blessure de la mère.
Elle a donné cette présentation en ligne et tu peux nous demander le lien si cela t’intéresse.
Elle s’est largement inspirée de la lecture du livre « Devenir une mère pour soi-même » de Bethany Webster (livre que tu trouves à la bibliothèque de Bienne) et de ses expériences professionnelles et personnelles bien sûr.
Voici le résumé de ce livre :
Psychologie transgénérationelle et féminisme : comment transmettre la puissance de mère en fille ?
Grandir dans une culture patriarcale, surtout quand on est une femme, mais pas que, c’est être soumis à une somme de tabous et de règles étouffants, de croyances délétères et souvent inconscientes, ancrées dans nos comportements. Cette blessure culturelle se manifeste bien souvent à travers des injustices, des rejets et des conflits familiaux et relationnels douloureux. Ces symptômes, que Bethany Webster qualifie de « blessures maternelles », tant qu’ils ne sont pas identifiés et traités, sont reconduits silencieusement, transmis de génération en génération dans les comportements familiaux.
Sévissant inconsciemment dans toutes nos relations, la blessure, issue du mépris des valeurs du féminin, s’enracine principalement dans les relations entre les mères et les filles, qui en sont toutes deux les premières victimes. Avec une efficacité et une sincérité rares, Bethany Webster nous éclaire à partir de ses recherches et de sa propre histoire, et nous invite concrètement à nous engager sur un chemin de guérison et d’autonomie, pour rétablir cet équilibre entre les énergies du féminin et du masculin.
Guérir la blessure maternelle, c’est retrouver la puissance et la liberté, et contribuer à créer un monde meilleur, à l’échelle individuelle, culturelle et planétaire.
Devenir sa propre mère, c’est également avoir conscience de ses besoins et de savoir que nous seule pouvons s’en occuper et les satisfaire. En écoutant ton coeur, tu sais ce dont tu as besoin…
« Marche sur ton propre chemin,
tout le reste est égarement. »
Gitta Mallasz
En résumé, nous ne pouvons que t’encourager à t’offrir du temps de qualité, du temps pour soi-m’aime; c’est toute la famille qui en profitera.
*Sources: source d’inspiration de ce texte et illustrations sont tirées du livre
«MAMAN MAMAN MAMAN #Mère Épuisée» de Cévanyet de l’article de Charlotte Ducharme tiré du magazine Innovation en Education no 31.
Ouvrages que nous avons chez GdV!